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  • Rapport d’experts sur les dangers d’Énergie Est

    Pipeline énergie-estLa Commission de l’énergie de l’Ontario vient de publier quatre évaluations préliminaires réalisées par ses conseillers techniques sur le projet d’oléoduc Énergie Est de TransCanada, confirmant du même coup que l’oléoduc ne comporte que des risques et aucun avantage pour les Ontariens.

    Voici les principales conclusions du rapport :

    • TransCanada a surestimé les avantages économiques du projet;
    • Une étude d’impact complète sur l’eau potable et d’autres zones sensibles n’a pas été possible, puisque la demande de Trans-Canada est incomplète;
    • Jusqu’à 100 kilomètres d’oléoduc situés en Ontario sont particulièrement sensibles à la fissuration par corrosion sous tension (FCT);
    • Un déversement de 2,6 millions de litres – du jamais vu dans l’histoire du Canada – est possible, même avec une intervention parfaite en cas d’urgence.

    Selon Andrea Harden‑Donahue, responsable de campagne pour l’énergie et la justice climatique auprès du Conseil des Canadiens, « Le rapport de la Commission confirme les pires craintes de bon nombre d’Ontariens à propos d’Énergie Est, en plus de remettre en question les avantages économiques présentés par TransCanada ».

    D’après le rapport sur les impacts économiques, TransCanada a probablement surestimé les avantages économiques du projet, alors que les retombées régionales seront plutôt négligeables, notamment le long de la portion convertie de l’oléoduc située dans le nord de l’Ontario.

    « TransCanada a vendu Énergie Est aux Ontariens en leur promettant une manne de retombées et d’emplois régionaux, tout en minimisant les risques », affirme Teika Newton de Transition Initiative Kenora. « Nous savions qu’il y avait anguille sous roche. À présent, nous sommes en mesure de le démontrer. »

    Tandis que le rapport confirme ce que de nombreux environnementalistes affirment depuis longtemps à propos des risques, l’évaluation sur les changements climatiques reste décevante.

    « Les Ontariennes et les Ontariens doivent pouvoir comprendre qu’Énergie Est effacera tous les gains climatiques réalisés par la fermeture des centrales alimentées au charbon dans la province. Cet oléoduc permettrait d’augmenter la production des sables bitumineux de 40 p. cent, alors que les plus grands scientifiques de la planète soutiennent qu’il faudrait laisser la majeure partie du pétrole des sables bitumineux enfouie dans le sol pour maintenir un climat viable », a ajouté Ben Powless, qui milite contre Énergie Est au sein d’Écologie Ottawa.

    « L’évaluation sur les changements climatiques présume à tort que le bitume destiné au projet Énergie Est sera acheminé par train à défaut de construire l’oléoduc. Cependant, nous savons que ce n’est pas une solution économiquement viable et que la capacité ferroviaire ne permettrait pas d’acheminer 1,1 million de barils supplémentaires par jour », a rappelé Ruth Cook du chapitre du Conseil des Canadiens à Thunder Bay.

    Les rapports ont été produits pour être présentés aux séances portes ouvertes organisées par la Commission de l’énergie de l’Ontario dans les collectivités situées le long du parcours de l’oléoduc. La deuxième d’une série de sept séances portes ouvertes aura lieu ce soir, à Thunder Bay. Des séances sont également prévues à Kapuskasing, Timmins, North Bay, Ottawa et Cornwall. La participation à la série de consultations précédente a dépassé les attentes et permis de soulever des préoccupations claires à propos des risques qui menacent notre patrimoine commun, soit notre climat, nos terres et nos cours d’eau.

    Source : Le Conseil des Canadiens, par Sujata Dey,Agente de relations avec les médias